jeudi 18 octobre 2012

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Être une boîte de conserve.
Des cachetons jetés dans la boîte et les émotions s'oxydent.
Dis au psyk hier « je ne ressens plus rien », il me demande « et alors c'est comment ? », réponse « je ne sais pas puisque je vous dis que je ne ressens rien ». Il dit : la molécule agit.

C'est la première fois de ma vie que mon cerveau parvient majoritairement à se taire.
Et aussi mon regard, mon sang, mon ventre, ma sueur, mes sensations cardiaques, mon sourire, mon sexe. Testé : ne ressens pas la musique, n'arrive pas à me concentrer aux films.
Seule ouverture excessive : l'ouïe, les sons du gars dans une salle d'attente qui tourne les pages du journal ou Buddy qui ouvre son paquet de tabac me fracassent.

Je crois que je n'aime pas ce nouveau psychiatre (je ne sais pas). Version papa, la plupart de ses phrases sont constituées de « il faut que vous » simplistes ou platement spirituels. Je lui demande au bout d'un moment s'il n'a pas conscience que j'ai réfléchi et essayé durant 3 décennies tous les « il faut » qu'il balance sans même me connaître, ça le rend un peu penaud.
Il me dit en pointant du doigt la tête « vous êtes un marathonien là-dedans, vous courez extrêmement vite depuis toujours, vraiment beaucoup plus vite que la plupart des personnes, vous avez parcouru tout seul des milliards de kilomètres ». J'ai une vague image - je n'ai quasiment plus d'associations visuelles - de moi courant infiniment sur une piste d'athlétisme, bêtement seul.

Je suis à Paris d'ici peu, du moins il y a mon sac d'ouvert sur mon lit à préparer et les billets de train. Je ne comprends franchement rien, absolument rien.
J'ai noté sur un papier les ami-e-s que j'avais prévu-e-s de voir, mais je me sens tellement loin de la moindre connexion humaine que je ne sais pas ce que je vais foutre. Je ne sais pas et je n'ai plus envie de savoir. Je ne ressens ni tristesse ni joie, ni équilibre ni déséquilibre ; j'ai conscience que « ce n'est pas moi » mais ça ne m'importe pas.

Hier soir j'ai eu une rare pensée spontanée : les gens ont toujours dit « Charles il est intense, trop intense », ça y est il semblerait que je ne le suis plus.




J'écris pour tenter des repères.

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