dimanche 10 juillet 2011

Infinitime.

Pour le travail je reprends ce dimanche un livre que je n'avais pas terminé il y a quelques années, « Foucault and the Government of Disability » (University of Michigan Press, 2005), et je réalise aujourd'hui une fois de plus ce fait fascinant : il est possible de lire et relire de nombreuses fois un ouvrage, autant que d'écouter d'innombrables fois une musique, d'observer à différentes reprises une oeuvre d'art, il est probable qu'à chaque fois de nouvelles subtilités surgissent de l'objet, et alors que de nouvelles idées naissent en soi, dans le monde.

J'utilise le verbe « naître » dans une idée de fougue joyeuse, de toutes ces premières années de vie où la soi-disant insouciance me semble bien plus un souci - au sens de : préoccupation - permanent à l'envie joyeuse, à la recherche de création.
Il faut sûrement savoir naître plein de fois dans une vie.

Je lisais donc ce livre en commençant à prendre des notes, les fameuses brindilles qui font de mon travail des branches, des arbres puis des forêts. Mais je me suis étonné de ne pas trouver sur les pages que j'étais en train de lire les précédentes annotations d'il y a quelques années... Jusqu'à ce que j'en trouve une première, que j'ai considérée bien tardive. Pour enfin comprendre : à l'époque tout ce que j'avais lu avant cette page de m'avait apparemment pas entraîné autant d'idées, alors qu'aujourd'hui je sautillais d'excitation de la cervelle toutes les dix lignes.
Est-ce que j'étais ignorant ces quelques années en arrière ? Je ne pense pas qu'il s'agisse de cela, juste j'observais d'autres aspects de ce qui est élaboré dans ce livre, et maintenant j'en vois de nouveaux. J'ai constaté que j'aime toujours les notes de ces précédentes années (notamment une sur la réversibilité), autant que celles d'aujourd'hui les complètent avec encore une dimension supplémentaire.

Je me suis dit que j'espère mourir en étant devenu un infini dimensionnel, et donc que je ne sois plus une étendue mais une multitude de directions de vie(s).
Ce qui serait un remerciement au temps, à tout ce qu'il apporte de grandissant et à tout ce qu'il déguise d'enrichissant derrière ce qui paraît trop permanent, voire bien souvent ennuyant. À bien y regarder l'éternel est absolument partout, chaque déclenchement de vie active de l'éternel.


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