jeudi 28 juin 2012

Ne surtout pas être. (Soul fight.)

Demain il y a cet entretien de candidature pro.
Je me dis :

1) ne fais pas trop handi.
Les valides flippent des handicaps, quels que soient leurs discours et leurs attitudes « de tolérance » à la sauce moderne intégrationniste. Mais ça je sais faire, être SuperHandi, caresser la peur du valide dans le sens de la gloriole où le handicap devient épatant (mon cul...). Le tétra 5 étoiles qui gère au millimètre son autonomie, ça l'épuise complètement mais demain juste montrer ce que le valide veut : je ne suis pas un fardeau à sa magnifique performance.

2) Ne fais pas trop ingenré.
Là ça coince. Ai réfléchi à deux options :
- je fais le pédé très efféminé... Nope, hors cadre intime je n'y arriverai pas, et c'est à éviter devant une boss, sans parler potentiellement des futurs collègues mecs straights. J'oublie.
- Je fais le plutôt habituel mec ultra introverti... Nope, ça ne va pas bien cadrer avec le jeu de rôle des expressions de mes formidables motivations professionnelles. Dammit.
Du coup je me suis dit hier dans le bus : alterne entre les deux, et quelques autres « spontanés ». Mais l'alarme s'est déclenchée : non n'alterne surtout pas ! Surtout pas devant des inconnu-e-s, surtout pas dans un cadre de boulot. Ne sois pas toi, aussi multiple que tu l'es. Aaaaaahhhh.
Il va falloir trouver, rapidement. Acter sans discontinuer.

3) Ne fais pas l'autiste.
Ne fais surtout pas l'autiste.
Le plus dur.
Je prévois de gober un Doliprane une dizaine de minutes avant pour la migraine assurée. Et ensuite je connais la liste : regarde bien dans les yeux (au secours), rigole lorsque l'autre semble déclencher un trait d'humour (ne pas se gourer, bordel ne pas se gourer), n'envoie pas tes yeux balader sans arrêt au plafond, ne papillonne pas des doigts, évite scrupuleusement de tout prendre au premier degré, ne réfléchis pas constamment au vocabulaire et à la syntaxe, bloque ton ouïe aux sons alentour, ne fixe aucun détail visuel, etc.
Avoir l'air le maximum normal. Insipide de bizarreries. Commun, passe-partout.

Le point qui me sauve généralement : hardworker. Si on me fixe un but, on me cadre une tâche, je suis un travailleur acharné, un parfait robot industriel, méticuleux autant qu'ingénieux. Et vendre ceci est toujours bénéfique.

Hier en réfléchissant aux 3 points que je ne dois surtout pas être mais que je suis en permanence, je me suis demandé si mes parents avaient autant baisé de travers pour que je sois à ce niveau raté. (Non pas pour les accuser, mais quand même ça m'intrigue.)


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